Cigarettes électroniques. Un premier magasin à Brest

Cigarettes électroniques. un premier magasin à Brest

« Ce n’est pas un produit miracle », prévient d’entrée Olivier Darvoult. La cigarette électronique lui a pourtant permis d’arrêter de fumer du tabac. Un exploit personnel pour ce quadra accro depuis 20 ans qui s’enfilait deux paquets de blondes dans la journée avant de découvrir sa cousine technologique.

 

« À l’époque, je vivais à Tallinn, en Estonie. Je commençais à souffrir véritablement des méfaits du tabac. Bronchites à répétition, essoufflement permanent… Même mettre des chaussettes devenait éprouvant », raconte-t-il.

 

Expérience d’ancien fumeur
Olivier entend alors parler de ce nouveau concept. Il se renseigne sur internet. « Trop d’infos, pas de conseils véritablement avisés… ». Il hésite. Et au hasard d’une rue de Tallinn, située à deux pas de chez lui, tombe sur une boutique spécialisée. « Le vendeur m’a demandé combien de cigarettes je fumais. Il m’a montré un produit et m’a tout simplement dit : c’est ça qu’il te faut. Je lui ai fait confiance ».

 

Olivier repart, teste sa nouvelle cigarette, fume encore « deux ou trois clopes par jour la première semaine ». Puis plus une seule. « Et ça fait un an et demi que ça dure », assure-t-il. L’ancien accro à la blonde américaine n’est plus essoufflé et n’a plus de bronchite depuis qu’il est passé à l’électronique. Son nouvel accessoire devient vite une passion. Et bientôt un métier.

 

Entre 45 et 75 €
Olivier Darvoult a  ouvert, fin août, le premier magasin de cigarettes électroniques de Brest. « Je propose quatre ou cinq modèles destinés à différents types de fumeurs. Le prix du kit varie entre 45 et 75 €. Je mets également en vitrine quelques modèles plus originaux », annonce-t-il. Sa boutique s’appelle Cigatec et abritera également un petit salon de dégustation. Car des saveurs, il y en a des dizaines. Et les goûter, même en intérieur, est possible : la cigarette électronique ne tombe pas sous le coup de la loi Évin. Il n’y a pas de tabac, pas de combustion, juste de la vapeur émise. Donc théoriquement, aucune notion de tabagisme passif. La clope sans les inconvénients ? Pas sûr…

 

Déconseillé par les autorités
Fumeurs adeptes d’une marque particulière, vous ne retrouverez jamais le goût de votre clope préférée. Juste une sensation qui s’en approche. Et question santé ? C’est le flou. Pas suffisamment d’études sérieuses, un manque de recul évident sur les impacts des produits inhalés… L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (anciennement Afssaps) applique donc le principe de précaution. Elle déconseille aujourd’hui l’usage des cigarettes électroniques et interdit la vente en pharmacie.

 

Existe-t-il un danger ? L’Institut national du cancer n’a relevé la présence de cancérogènes avérés qu’à « très faible dose » dans les échantillons qui lui ont été proposés. Reste que plusieurs produits réputés inoffensifs en temps normal, comme le propylène glycol utilisé dans les produits alimentaires, le textile ou pour produire des nuages de fumée artificielle en discothèque, n’ont jamais été testés par inhalation massive…

 

« Difficile d’avoir une position tranchée »
« Difficile, donc, d’avoir une position tranchée », reconnaît Daniel Thomas. Le porte-parole de la Société française de tabacologie refuse de clouer la cigarette électronique au pilori. Mais en l’absence de « véritables moyens de régulation et de contrôle des produits », le médecin prône la plus grande prudence.

 

Que dit-il aux consommateurs ? « Je le déconseille fortement aux ados, qui peuvent passer ensuite aux véritables cigarettes. Pour les adultes qui souhaitent faire joujou, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Mais pour les fumeurs qui veulent vraiment arrêter, je leur explique qu’il y a d’autres moyens, plus sûrs et plus efficaces ». À vous de voir.

 

Infos pratiques

Cigatec, 6, rue Algésiras. Renseignements sur le site internet ou au 06 89 72 54 75.