Christian Salaün. L’âme du gouren brestois

Christian salaün. L'âme du Gouren brestois

Fondateur du Skol Gouren Brest en 1997, Christian Salaün a dédié sa vie à sa passion pour la lutte traditionnelle bretonne. Toujours entraîneur au club et pour la sélection de Bretagne, il milite pour que son sport retrouve la ferveur populaire.

 

Le Skol Gouren de Brest fête ses 20  ans. Comment le club est-il né ?

J’entraînais Plouzané et ça me turlupinait qu’il n’y avait plus de club à Brest. J’ai fait une intervention à l’école Diwan de Kerangoff et j’ai trouvé trois personnes pour composer le bureau. Il y a une histoire très ancienne autour du gouren à Brest. Il y a eu beaucoup de clubs dans les années 50-60 avec les structures de quartiers. Mais ils ne tenaient que par la volonté d’une seule personne.

Comment êtes-vous tombé dans le gouren ?

Tout petit, j’ai eu ma première licence en 1971 à Plouzané. Il y avait le choix entre la lutte et le football et je n’ai jamais été fan de football. J’ai passé mon premier diplôme d’initiateur à 15  ans et je n’ai quasiment pas arrêté depuis. C’est la passion d’une vie, je mourrai avec je pense.

En 20 ans, Quels moments vous ont le plus marqué ?

La première victoire des poussins par équipes, en 2005. Je suis très attaché à cet esprit d’équipe qui permet de progresser ensemble. Puis, il y a eu notre première victoire en Challenge par équipes adultes, qu’on a conservé pendant 10 ans (un record, NDLR). Personnellement, la création de la FILC (Fédération internationale des luttes celtiques, NDLR) a été un moment important, qui nous a amené les premiers échanges internationaux et a ensuite permis à nos jeunes de découvrir le plus haut niveau, avec les championnats d’Europe.

Quels sont les axes de développement pour le futur ?

Il faut qu’on recrute, on a toujours du mal à trouver notre place dans le monde sportif. Cette année, on a 43  licenciés, l’an dernier on était à 59. Il faut qu’on retrouve cette reconnaissance populaire qu’on avait avant la Première Guerre mondiale. C’était le sport roi avant le football et le cyclisme. On a la chance d’avoir, au niveau hexagonal, la seule lutte traditionnelle encore vivante. C’est un trésor qu’il faut défendre à tout prix. Dans le gouren, il y a beaucoup de respect, ce sont des valeurs porteuses au sens éducatif.

Comment voyez-vous votre sport dans 20 ans ?

J’aimerais bien 5.000 licenciés dans le Finistère et 20.000 en Bretagne, alors qu’aujourd’hui, on en a seulement 1.600. On a besoin de faire connaître notre sport car les gens ont parfois un a priori négatif, que c’est un sport de paysan. Je vais être chauvin, mais pour moi c’est la plus belle lutte debout au monde. Le championnat d’Europe à l’Arena il y a deux ans a eu un gros impact médiatique sur le moment, mais n’a pas créé de vocations derrière.

> Première journée du Challenge individuel adultes ce dimanche au gymnase de la Cavale-Blanche.