« Twice the first time », le show intime et universel de Napoleon Maddox

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Le rappeur Napoleon Maddox présente Twice the first time, une performance artistique mêlant free-jazz, hip hop, electro… La trame de fond est l’histoire toute personnelle du chanteur américain, ou plutôt celle de ses aïeules, les sœurs siamoises Millie-Christine Mc Koy, nées esclaves, éduquées. Un live vidéo en chanson qui transcende le simple récit personnel.

A la question, « est-ce la création dont vous êtes le plus fier? » Napoleon Maddox répond sans l’ombre d’une hésitation, « oui absolument ». L’histoire est forte. Ses aïeules ne sont autres que les célèbres sœurs siamoises Millie-Christine Mckoy. Elles sont nées esclaves en 1851, ont subi les ventes, les reventes alors qu’elles ne sont encore que des bébés,  sont des bêtes de foire. Les circassiens chez qui elles se produisent décident de les instruire et elles deviennent ainsi les premières esclaves à savoir lire, écrire, chanter et danser. Elles parlent aussi bien français, qu’allemand, sont des musiciennes et des auteures accomplies.

Aller plus loin qu’un simple hommage

L’esclavage aboli, elles restent dans leur famille d’adoption, gagnent leur indépendance financière et le respect. C’est le point de départ de Twice The First Time qui a germé il y a longtemps dans la tête du rappeur, aussi bien récit d’émancipation que d’inclusion.  « Je raconte, à travers moi, cette histoire qui a vocation à aller plus loin q’une simple performance-hommage et à marquer les consciences durablement, explique-t-il On m’a énormément parlé d’elles lorsque j’étais enfant, on m’a raconté à quel point elles étaient exceptionnelles. Ça a été le point de départ de cette création ».

Dans Twice The first time, le rappeur américain de Cincinnati, montre toute l’étendue de son talent, un flow, une esthétique. La performance a mûri via de nombreux workshops et sessions expérimentales.  La performance est un live vidéo rappé, interprété, qui laisse la part belle au «  psychologique, aux émotions », chers à Napoleon Maddox. « Il y a une réelle connexion avec le public. Lorsque l’on rencontre les spectateurs après les représentations, certains sont en larmes, heureux ou tristes. Tous sont affectés en tout cas. »

Du personnel au collectif

Si l’histoire est personnelle, le chanteur n’est pas seul sur scène, accompagné des membres de son groupe IsWhat : le DJ Apryl Reign (platines) Eddy Kwon (violon) Erik Sevret (saxophone) ou encore le beatmaker français Sorg, etc. « Toutes les personnes, présentes sur scène sont aussi investies et touchées que j’ai plus l’être , c’est un réel projet collectif ». A découvrir à l’occasion de l’Atlantique Jazz festival.

 

Samedi 14 octobre, au Quartz, à 19 h 30. Tarifs : plein : 25 € ; réduit : 19 € ; carte Quartz +/ abonné-e, adhérent-es Penn ar Jazz : 16 €. Plus d’infos sur atlantiquejazzfestival.com