Critique ciné. Le sens de la fête

Critique. Le sens de la fête

Le tandem Toledano et Nakache est de retour, avec un humour plus cynique, plus noir. On n’a pas l’habitude ! Certains spectateurs risquent d’être étonnés, voire déçus. Mais la réalisation est toujours marquée par la bienveillance et la profondeur.

Max (Jean-Pierre Bacri) est traiteur. Des fêtes, il en a organisé. Aujourd’hui, il a perdu le goût de la fête. Fatigué, lassé, usé des responsabilités et des demandes incessantes, il a perdu la valeur des choses. Seul compte le standing. Pour réussir à mettre les petits plats dans les grands, il est armé d’une équipe de choc.

Des petites mains caractérielles, insolites, lunaires, qui à tout moment peuvent transformer les instants délicats en désastre absolu. Si la bêtise, l’étourderie, la maladresse sont au menu, une chose les réunit : le sens de la fête, leur chaleur humaine, leur simplicité, leur gouaille, leur authenticité.

L’image d’une France éclectique et unie

C’est la rencontre entre deux mondes, le choc entre deux classes sociales. Celui où il faut être « classe, sobre, chic » pour impressionner et l’autre côté où les apparences et les faux-semblants ne sont pas de mise. Une seule chose pour les rassembler, la fête, où c’est l’humain qui prime avant toute chose. Les deux réalisateurs veulent ici montrer une France unie malgré ses différences, via l’acceptation de l’autre. On ne regarde ni la couleur de peau, ni les origines, ni le statut ou les revenus, mais l’intelligence du cœur, l’humanité. Mais n’est-ce pas cela l’essentiel au final ? Face à l’adversité, une seule chose existe : la cohésion, l’unité.

L’utopie du coeur

L’ensemble du film marche relativement bien. Quelques maladresses et lourdeurs sont à noter. Le film est quelque peu utopique. On aimerait que tout se déroule ainsi. Est-ce vraiment le cas ? Dans cette société individualiste, méfiante, fermée, il y manque cruellement cette beauté du coeur. Néanmoins, elle existe. Il ne faut pas cesser d’y croire, et surtout ne pas devenir aigri. Jean-Pierre Bacri excelle dans le stéréotype du bon Français râleur, grincheux, grognon et… attendrissant. Tout comme Gilles Lellouche en tant que grande gueule. Une chose est sûre, l’amour l’emporte toujours sur l’aigreur et le cynisme


Liberté, mer, sam, dim 11 h, 13 h 30, 16 h 40, 19 h 05, 20 h 30, 22 h 10 ; jeu, ven, lun, mar 13 h 30, 16 h 40, 19 h 05, 20 h 30, 22 h 10. Celtic, mer, jeu, ven, sam, lun, mar 13 h 50, 16 h 10, 18 h 25, 20 h 45 ; dim 11 h, 13 h 50, 16 h 10, 18 h 25, 20 h 45. LŽImage, mer 14 h 15, 20 h 30 ; jeu, mar 20 h 30 ; ven 20 h 45 ; sam, dim, lun 14 h, 20 h 30.

 

Photo Thibault GRABHERR