Brest en communs. Les ti-zefs à la pointe

Brest en communs. Les ti-zefs à la pointe

Brest en communs, qui référence nombre d’initiatives autour des communs à Brest, commence vendredi. On a fait le point sur cette notion avec Michel Briand, responsable de formation à l’IMT Atlantique, ancien élu et pionnier de leur développement à Brest.

 

Que trouve-t-on derrière le terme de « communs » ?

Un commun, c’est quand un groupe de personnes décide de réaliser une production qui soit partagée et réutilisable. Un jardin partagé, c’est un certain nombre de gens qui vont cultiver ensemble des choses et vont se les redistribuer. Wikipédia, tout le monde peut l’utiliser, mais aussi y contribuer. Un repair café, ce sont des gens qui, ensemble, réparent des objets. Je donne et je reçois après.

En quoi Brest a-t-il été précurseur ?

On a fait Bureaulibre en 2005, un CD de logiciel libre qui permettait d’avoir tous les logiciels de bureau. Il nous a appris l’efficience de la coopération. On a ensuite lancé Wiki Brest en 2006. Quand les questions des communs ont émergé dans le monde, on a créé Brest en biens communs en 2009, avant que ce soit un événement national. On a maintenant en projet de faire un atlas des communs du pays de Brest, dans lequel on cartographie et documente les communs près de chez soi.

Dans quelle mesure le numérique a-t-il permis de développer ce concept ?

Les communs se développent beaucoup car le numérique nous confronte pour la première fois de notre histoire à l’abondance. Un film, on peut le copier, le donner et en même temps le garder. Les communs progressent dans beaucoup de secteurs, comme les publications scientifiques. La loi sur le numérique votée l’an passé permet que le contenu des articles de recherches peut être mis sur le marché ouvert au bout de six mois-un an. C’est une avancée.

Y a-t-il des freins au développement des communs ?

Oui, les sites d’universités et de la plupart des villes et départements en France sont toujours interdits de réutilisation. Alors que lorsqu’on reprend un contenu et qu’on le partage, on le fait connaître car on cite l’auteur.

Quels intérêts y a-t-il à développer les communs ?

On élargit l’audience. Quand les gens publient des livres et le rendent directement accessible, ils vendront peut-être 3.000 livres, mais auront 15.000  lecteurs. La logique des communs est une logique de partage sincère et elle est efficiente. Pour vous donner un exemple, des profs de maths ont créé l’asso Sésamath. Ils fabriquent des exercices de maths en accès libre et vendent des livres en collège. Ils font aujourd’hui 20 % de parts de marché en collège. Les bénéfices ne vont pas aux auteurs mais à l’asso. Ils ont créé une plateforme de cours en ligne avec un million d’élèves.

Les entreprises y prennent-elles part ?

Oui, comme certaines collectivités. Les archives municipales contribuent à Wiki-Brest. Toyota veut développer les moteurs hybrides et électriques et a passé des brevets en libre accès pour que plus de gens puissent développer des moteurs, même les concurrents. Ça va accélérer la transformation et comme eux sont leaders sur le marché, ils vont se développer. C’est donc aussi un facteur de richesse.

> Brest en communs, du 13 au 21 octobre. Prog’ complète sur brest.fr