Matmatah. « Se reformer, pas une mince décision »

Matmatah.« Se reformer, pas une mince décision »

En pleine tournée, Tristan Nihouarn, le chanteur du groupe Matmatah, nous livre ses impressions sur ces premiers moments de scène. Après dix ans d’absence, le groupe a aussi sorti un nouvel album, bien reçu par la critique et le public.

Vous avez repris la scènhe mi-février ? Comment ça se passe ?
C’est très intense. On a commencé par une date à l’Avel Vor, à Plougastel. C’était la première fois depuis dix ans, donc un peu flippant. On a enchaîné par un concert au P’tit Minou, sans prévenir. Le groupe a un fait un set, c’était comme chez Arnold, ou à l’Arizo’. C’était vraiment à ce moment-là les retrouvailles avec le public brestois. Il y a eu Saint-Brieuc, ensuite, Quéven. Mais l’apocalypse c’était au Vauban, l’Olympia, on a aussi adoré. Par contre, on a tous choppé des virus, tout le monde est sous Cortisone. Heureusement, ça agit très bien !
Comment le public vous a -t-il reçu ?
On a remarqué un truc, c’est qu’il y a un public de 15-25 ans, qui connaît les paroles. On ne sait pas d’où ils sortent, on enquête (rires). Ça pogote, ça bouge, ça ne nous déplaît pas ce renouvellement. Finalement, on devient un groupe transgénérationnel.
Dix ans d’absence c’est long. Qu’est-ce qui fait que l’on décide un jour de bousculer son quotidien ?
Parfois avec Eric Digaire, avant de monter sur scène, on se dit : « Mais qu’est-ce qu’on fait ? » Mais non, la meilleure drogue, c’est l’adrénaline. La scène, c’est comme un gros shoot, c’est une décharge, il faut envoyer le bois, ça dégouline de sueur. C’est bien de partager ça avec le public.
Comment avez-vous décidé de vous reformer ?
Chacun travaillait de son côté, toujours dans la musique. Moi j’avais clairement tourné la page Matmatah. Avec Eric, on a pas mal discuté. Il voulait comprendre pourquoi ça s’était arrêté. Puis il y a eu le coffret des vingt ans (Antaology, NDLR). On a travaillé sur des chansons inachevées. On s’est pris au piège du studio : c’était toujours un plaisir. On voulait remonter sur scène, mais pas sans nouvelles chansons. Ce n’était pas une mince décision.
L’album Plates coutures vient de sortir. Vous le vouliez comment musicalement ?
Du rock ! Sans tempo mou ! On avait aussi des choses à dire. Dans nos textes, il n’y a pas d’engagement politique à proprement parler. Mais on fait des constats sur notre société, c’est une réflexion sociale, politique, presque philosophique. Sur le titre Marée Haute (qui évoque les casseroles des politiciens, NDLR), c’est un mélange de plein d’hommes politiques qu’on avait en tête. Il y aura toujours des gens au casting. On a eu le nez dans
l’album pendant un an et demi. Il nous échappe, ça y est. On commence
déjà à déconstruire les morceaux sur scène.
Propos recueillis par Léa Lavagen