Svalbard project. Un Brestois rentre du grand Nord

svalbard project. un brestois rentre du grand nord

Dimanche 15 septembre, une drôle de troupe a débarqué à Brest. Partis le 4 juin dans les monts du Svalbard, un archipel coincé entre la Norvège et le Pôle Nord, ils arborent encore une barbe de trois mois et avouent avoir encore du mal à se faire à leur retour « à la civilisation ». Eux, ce sont les membres du Svalbard Project. Une bande de potes passionnés d’explorations composée de six Grenoblois… et d’un Brestois, Fabien Pérault.

 

Allier la grimpe à la voile

Mais au fait, c’est quoi le Svalbard project ? Une expédition aux multiples visages, pour dire vrai. « Quand on a lancé le projet il y a deux ans, on souhaitait allier la grimpe à la voile, note Fabien. Ils sont cinq dans la bande à être passionnés d’escalade et moi et un autre, on fait de la voile ».

 

Voilà pour l’idée de base. Mais alors, pourquoi aller se perdre au Pôle Nord, alors que des zones au climat nettement plus accueillants s’offraient à eux ? « L’avantage avec les fjords, c’est qu’on peut s’approcher très près des massifs rocheux en bateau », explique Pierre Veron, un des grimpeurs grenoblois.

 

Réunis au sein de l’association Back, la bande d’amis a embarqué sur le voilier le Leenan Head, un vieux gréement écossais de 1907, direction le Svalbard, via Tromso, en Norvège. « Nous avions défini cinq sommets à gravir et on devait aller de l’un à l’autre à bord du bateau, précise Fabien. Mais nous avons eu de très mauvaises conditions météo et au final, nous n’avons pu faire qu’un seul des sommets prévus, qui culmine à 1.400 m, plus d’autres autour ».

 

1.400 m, une partie de plaisir pour des Grenoblois rompu à l’escalade ? Pas vraiment. « Les conditions sont très différentes par rapport aux Alpes. Déjà, on part du niveau zéro, ce qui n’est pas le cas en Europe. Avec le gel et le dégel, la roche est très cassante, il fallait donc être très vigilant ».

 

Mais le Svalbard project, c’est aussi de la science. « On n’est pas des scientifiques, mais on donne un coup de main, explique Fabien. Le projet a intéressé des chercheurs de Toulouse qui étudient le mercure. Ils nous ont envoyé deux caisses de fioles de 40 ml. On a prélevé de l’eau chaque jour pour en mesurer la salinité et la température. Les chercheurs vont ensuite faire des analyses. Leur objectif est de comprendre d’où vient le mercure qu’on retrouve dans l’eau de mer et le tissu des poissons qui viennent du Nord ».

 

Un ours polaire affamé

Des souvenirs plein la tête après ces trois mois dans l’océan Arctique, Fabien Pérault et ses potes se sont également fait quelques frayeurs. « Si on dormait le plus souvent dans le bateau, on avait aussi installé un camp de base à terre. Un jour, on a retrouvé notre tente éventrée et des traces de griffes et de morsures sur la nourriture et l’équipement ». Le coupable ? Un ours polaire. « On n’a pas rencontré l’ours, mais on a eu peur car le bateau a mis une heure à venir nous chercher ».

 

Documentaire et spectacle en vue

En cas de mauvaise rencontre, chaque expédition doit être équipée de fusils. Le Svalbard Project n’échappe pas à la règle et a dû louer trois fusils allemands de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui de retour au pays, les sept amis ne comptent pas en rester là. « On ramène beaucoup de photos et de vidéos. On compte faire une documentaire qu’on présentera dans les festivals d’expéditions ». De son côté, Fabien, membre d’une troupe d’impro, compte monter un spectacle autour de son aventure. Histoire de garder un pied dans les monts du Svalbard.Toutes les infos sur le Svalbard Project sur le site de l’asso : http://back.infini.fr