Aventure. Fabien Pérault met le cap sur l’archipel du Svalbard

Le choix est arrêté. Fabien Pérault et six de ses amis ont jeté leur dévolu sur les monts du Svalbard, un archipel coincé entre la Norvège et le pôle Nord. Quitte à gravir des sommets, l’équipe aurait pu choisir une destination plus tempérée pour son aventure. « Les conditions étaient que l’expédition mêle de l’alpinisme avec de la voile, tout en laissant de la place à des manip’ scientifiques, explique le seul Brestois de la bande, les six autres étant Grenoblois. Je leur avais bien proposé de partir sur des zones plus proches voire tropicales. Mais non, ils voulaient absolument de la neige et du froid ».

Cinq sommets à gravir

Alors banco, cette bande de sept amis, réuni au sein l’association Back, partira le 2 juin pour le Grand Nord et devrait boucler son périple mi-septembre. Au programme ? Cinq sommets à gravir, du Tarentellen au Pretender, « très peu fréquentés, voir même sans doute vierges pour certains d’entre-eux ». Le plus haut des monts, le Horsuntind, culmine à 1.400m d’altitude. Dis donc, ce n’est pas un peu facile ça pour des Grenoblois ? « Non, dans la mesure où l’on commence l’ascension au niveau de la mer, à zéro mètre d’altitude donc, répond Fabien Pérault. Ce n’est pas le cas dans les Alpes par exemple. Et puis le climat arctique capricieux, même si on ne devrait pas trop descendre dans les températures négatives, compliquera aussi les ascensions ».

 

 

Brest-Svalbard sur le Leenan Head

Ça, c’était pour le volet montagne. L’aventure comporte aussi une grosse partie voile. Le temps de relier Brest à Svalbard en passant par Tromso, dans le nord de la Norvège. « On planche sur le projet depuis deux ans maintenant et c’est ce qui a été le plus dur, c’est justement de trouver un bateau », raconte Fabien Pérault. Après plusieurs pistes tombées à l’eau, le Brestois décide de la jouer au culot : « j’ai collé des affiches « wanted : expédition polaire cherche voilier » un peu partout sur le port de Brest ». Et ça marche : Hervé Drouet, le skipper du Leenan Head finit par appeler  pour proposer en location son vieux-gréement,de type zoulou de 50 pieds de long construit en 1906 en Écosse. Ouf, un poids de moins pour les sept aventuriers. « Hervé Drouet et son équipage nous accompagneront tout de même sur la partie Brest-Tromso le temps qu’on se fasse la main sur le Leenan Head ».

 

De la science aussi !

Le « Svalbard Project », c’est aussi un peu de sciences. L’équipe pourrait profiter de son voyage pour embarquer des bouées dérivantes à déployer durant le trajet. « Elles permettront de faire des mesures de l’océan, concernant la salinité, les courants, reprend Fabien Pérault. Pour un autre laboratoire de géoscience à Toulouse, nous ferons une expérience sur le mercure. Ce métal lourd polluant à tendance à se retrouver en Arctique via la chaine alimentaire. On mesurera le mercure d’un de nos cheveux avant de partir qu’on comparera avec un deuxième à notre retour, après avoir mangé les poissons pêchés sur place ».

 

Aidez-les sur Octopousse

Voilà pour l’aventure ! Reste à boucler le projet. Fabien Pérault l’établit à 50.000 € environ, dont la moitié pour la location du « Leenan Head ». L’équipe est actuellement en pleine recherche de sponsors. Elle cherche aussi à récolter 5.000 € via la plateforme de crowfunding (financement par la foule) Octopousse. « Cette somme nous permettra d’acheter du matériel vidéo pour filmer notre aventure, poursuit Fabien Pérault. On compte faire quelques films documentaires à l’issue du Svalbard Project et même une pièce de théâtre intéractive pour tout public. Si vous le souhaitez, vous avez 57 jours pour leur apporter un peu d’argent en échange de contreparties.

 

> Plus d’infos sur le site internet de l’association Back.

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