Géraldine Hary, éditrice. « C’est un luxe de faire ce qu’on aime »

« Quand j’étais petite, je gagnais toujours les prix de poésie et de dessin à l’école ». Aujourd’hui, Géraldine Hary en a fait son métier. Auteur et illustratrice jeunesse depuis 2009, cette Brestoise d’adoption – qui habite depuis peu à Plabennec – a franchi une nouvelle étape au début de l’année, en lançant sa propre maison d’édition : P’tit Baluchon. « C’est un clin d’oeil à l’ancien métier de Jérôme (son mari, NDLR), qui était photographe dans la Marine ». Et s’absentait souvent de longs mois. Ce thème du papa qui part en mer a inspiré à Géraldine l’ouvrage « Encré dans mon coeur », le premier de son catalogue, sorti en mars dernier. « Pour certains enfants, c’est un livre-doudou, pour s’endormir le soir… ».

 

« J’aime savoir comment on fait les choses »
Mais c’est quoi, au juste, le métier d’éditeur ? « Un métier de création ! », sourit Géraldine. Mettre en relation des auteurs et des illustrateurs est une mission essentielle pour l’éditeur. Heureusement, les salons littéraires permettent de rencontrer beaucoup de monde. Particulièrement en Bretagne où « tu as un salon du livre tous les week-ends ». Maman de trois enfants, Géraldine a aussi appris à créer des maquette de livres, grâce au logiciel inDesign. « Je suis super curieuse, j’aime savoir comment on fait les choses ». Artistiquement, s’essayer à diverses techniques ne lui fait pas peur : crayon, acrylique, aquarelle, gouache, collage… « Je bidouille beaucoup, ce qui donne un bazar monstrueux sur mon bureau ».

 

Quatre nouveaux titres au catalogue
Aujourd’hui, quatre nouveaux ouvrages sortent aux éditions P’tit Baluchon : « Croquera, croquera pas » de Nanoux et Chadia Chaïbi-Loueslati, « Notre pense pas bête » réalisé par 40 auteurs et illustrateurs, « Shana des dunes » d’Anne Duvert et Emilie David, « Viens que je te dise » de Catibou et Géraldine Hary. Une belle diversité de genres et de formats, allant de l’album à partir de 3 ans au roman de poche dès 9 ans, en passant par le recueil illustré pour adultes. « Quand on est petit, lancer des livres parmi l’océan littéraire de septembre fait qu’on n’est pas vraiment vu », admet Géraldine, qui compte s’appuyer sur les salons littéraires locaux et le bouche-à-oreille pour se faire connaître.

 

Chez Les Enfants de Dialogues et Louli des bois
Et pour se procurer les livres P’tit Baluchon ? « Le meilleur moyen, c’est de demander à son libraire », explique l’éditrice, avant de préciser qu’ils seront sans doute dispos chez Les Enfants de Dialogues et Louli des bois, à Brest. Sinon, il est toujours possible de se faire livrer par internet. Géraldine envoie elle-même les paquets. « C’est de l’énergie mais ça me permet de faire des économies ». Quant aux versions numériques, elle avoue ne pas être encore au point. « Je vais certainement y venir, ça peut dépanner quand on n’a pas de livre sous la main ». Pour autant, elle reste très attachée au papier : « Un bouquin numérique, je ne peux pas le dédicacer, je ne peux pas voir un bout de chou disparaître avec sous la table… ».

 

Touche-à-tout hyper-active, Géraldine semble tenir le choc, en dépit du travail à abattre, monstrueux. « C’est un luxe de faire ce qu’on aime », relativise-t-elle.

 

> Site et blog des éditions P’tit Baluchon, blog de Géraldine Hary