Claire Morin. Profession slameuse

Claire Morin. Profession slameuse

Le slam : c’est le truc à Grand Corps Malade, non ? Attention, Claire Morin est à deux doigts de s’énerver. La jeune femme reconnaît avoir découvert le genre en écoutant Fabien Marsaud poser sa voie rauque sur une douce mélodie. « Mais le slam, ce n’est pas que ça. Il existe beaucoup d’autres artistes, beaucoup d’autres manières de l’exercer », assure la jeune femme. Et elle sait de quoi elle parle.

 

Y’a pas d’âge pour slamer

Depuis quatre ans, Claire consacre sa vie au slam et tente de prouver que cet « art hybride » qui oscille « entre la poésie et le hip-hop » est bien plus qu’une niche musicale. Pour elle, c’est un truc fédérateur qui réunit des gens d’âges et d’origines différents autour d’une certaine idée de la vie. OK. Des exemples peut-être ? Claire a créé l’association Slamical groupe il y a trois ans. Et pour bien nous montrer que le slam n’est pas réservé à des jeunes gars des quartiers, elle nous parle de ces concerts en maison de retraite devant des pensionnaires ravis d’entendre un genre « qui leur fait penser à du Léo Ferré ». Mieux, Claire raconte fièrement que l’an passé la doyenne de l’asso était « une dame de 75 ans qui sortait le soir de son établissement pour venir slamer ». Elle parlait de quoi ? « De sa vie, de ses problèmes… Comme nous, en fait. Elle nous disait souvent : Quand je suis calme, je fais de la poésie, quand je suis énervée, je fais du slam ».

 

Un métier, une passion

Claire Morin croit énormément aux vertus de ce mouvement : « Il apporte une ouverture, permet de s’exprimer d’une façon différente et de montrer au plus grand nombre que tout le monde peut écrire ». Elle est convaincue et « veut vraiment en faire (son) métier ». D’ailleurs, elle a déjà créé son auto-entreprise, Allô ! Élocution, qui propose des ateliers auprès de publics très différents. De l’élève de primaire jusqu’aux chercheurs du CNRS qu’elle a déjà coachés dans le cadre d’un stage « visant à parler de sciences sans employer le langage scientifique ».

 

Premier bouquin !

Bon, et si vous voulez vraiment vous faire une idée précise du slam version Claire Morin, une seule chose à faire : découvrir son livre. Elle vient tout juste de publier son premier recueil, intitulé « Poét’hique slam ». « J’avais envie de mettre en avant mon travail. Tous ces textes que j’ai écrits depuis quatre ans », explique-t-elle. Elle est passée par un éditeur sur le web qui lui a permis de réduire les coûts. Un investissement de 39 €, seulement. Les livres sont ensuite édités à la commande. Un bon plan pour débuter sans trop de pression.

 

Pratique

Poét’hique slam de Claire Morin est disponible sur www.bod.fr