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Communs. Une dynamique brestoise

Une Communs
Le festival Brest en biens communs commence ce weekend. Les biens communs (ou tout simplement « commun »), kézako ? Tout simplement des « richesses », matérielles ou non, produites par des communautés de citoyens, en dehors des cadres habituels de propriété. On a cherché à comprendre les tenants et aboutissants de ce mouvement qui connaît une vraie dynamique à Brest.

Les communs. Un mot qui va avoir une place d’importance à Brest pendant deux semaines, dès ce week-end, avec le début du festival Brest en biens communs. Les communs (ou biens communs) ? Rien à voir avec la cage d’escalier de votre immeuble. Il s’agit d’une pratique, un mouvement qui n’a rien de totalement neuf mais qui se structure sérieusement depuis quelques années.

 

Du jardin partagé au wiki

Pour expliquer ce concept de « communs », Michel Briand, ancien élu brestois et actuel membre du Conseil national du numérique, préfère utiliser un exemple concret : celui des jardins partagés, qui connaissent un vrai essor à Brest. « C’est un groupe de personnes qui s’organisent pour produire des légumes dans un espace qui leur appartient ou qui leur est mis à disposition. Ce qui définit le commun, c’est que cette production est l’oeuvre d’une communauté qui a mis en place un mode de gouvernance propre ». En clair, ils produisent une richesse commune – en l’occurrence des légumes – en dehors des régimes de propriété publics ou privés.

 

Autres exemples concrets ? L’encyclopédie collaborative Wikipédia, incontournable aujourd’hui, ou bien Open Street Map, la carte ouverte et libre du monde que chacun peut s’approprier et modifier. Deux exemples nés sur internet. Pas un hasard. L’essor du numérique a contribué au changement d’échelle des communs. « Il rend possible des choses à une grande échelle, qui auraient été impossibles auparavant. Cela rend aussi les initiatives plus rapides. Les échanges horizontaux prennent ainsi de plus en plus de place », précise Michel Briand.

 

Une dynamique brestoise

À Brest, une dynamique est bien présente. En 2009, la Ville a organisé pour la première fois Brest en biens communs, festival destiné à mettre en lumière les initiatives de citoyens, d’associations ou même des services de la municipalité elle-même (et de son réseau de sites contributifs comme a-brest.net, wiki-brest.net, etc.). « D’édition en édition, il y a de plus en plus d’événements proposés, car il y a une vraie culture brestoise de la coopération, affirme Ronan Pichon, conseiller municipal délégué au numérique et à l’expression multimédia. Ce qui est intéressant, c’est de voir que cette manifestation née à Brest a fait des petits et qu’on la retrouve désormais à l’échelle nationale avec Le Temps des communs ».

 

À Brest, le sujet ne date pas d’hier, notamment dans le domaine du numérique. « Il y a une dizaine d’années, on avait co-construit, avec des assos, un cédérom de logiciels libres qui a été beaucoup diffusé, note Frédéric Bergot, responsable du service Internet et expression multimédia de la Ville. En quelques mois, on avait créé un commun, sans mettre ce mot dessus. C’est le cas de beaucoup de gens encore aujourd’hui : ils créent une richesse commune sans s’en rendre compte ».

 

« Une autre façon de faire »

Les communs viennent généralement d’initiatives citoyennes qui peuvent, comme à Brest, être soutenues et accompagnées par une politique publique. L’intérêt pour une collectivité ? Michel Briand a une réponse : « Tout ce mouvement des communs est une autre façon de produire de la richesse. La collectivité rend des services aux habitants, les entreprises créent de la richesse, etc. Là, il y a une autre façon de faire. De plus en plus d’initiatives visent à répondre à tous les enjeux de la transition écologique, numérique, du travail. La production de communs est un moyen pour des individus de participer à un projet partagé qui produit de la richesse pour tous. De manière très efficiente ».

 

> Le festival Brest en biens communs (dans le cadre du Temps des communs) commence le samedi 3 octobre avec un temps fort au Parc-à-Chaînes. L’occasion de comprendre ce que sont les communs dans toute leur diversité et de participer à de nombreuses activités. La programmation est accessible par ici ou sur le site du Temps des communs.


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