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Ekoumène. L’habitat participatif côté ville

Ekoumène. L'habitat participatif côté ville
Ekoumène est un drôle d'immeuble qui devrait voir le jour d'ici un an au quartier des Quatre-Moulins. Porté par neuf amis, le projet ne se résume pas à quatre murs qu'on habite. Derrière il y a toute une réflexion : de la volonté de sortir l'habitat de la spéculation immobilière à celle de mieux vivre ensemble.

Pour l’instant, le projet Ekoumène ne s’imagine que sur une maquette en carton. On y voit deux rues qui se croisent et, à l’angle, un bâtiment tout blanc qui se démarque nettement. Il est là le coeur du projet. Ekoumène, c’est d’abord un immeuble de trois étages, avec des appartements de 60 à 100 m², dans lesquels veulent emménager au plus vite neuf amis et leurs neuf enfants.

 

600 m² aux Quatre-Moulins

Car ils vont le faire, c’est sûr. Le terrain de 600 m² est trouvé depuis longtemps, « dans le quartier des Quatre-Moulins, au carrefour des rues Barbès et Docteur-Roux », précise Nicolas Filloque. Place nette y a été faite et les travaux devraient commencer dans les mois qui viennent. « L’idéal serait d’y habiter dans un an », lance Natacha Hervé. Ekoumène deviendrait alors concret après six années de réflexion.

Pourquoi si long ? Déjà parce que le groupe d’amis construit pour la première fois un immeuble. Forcément, il y a des inconnus. Et puis surtout, Ekoumène est un projet d’habitat participatif. Dans le même registre, il y a déjà eu Ecocum qui a vu le jour à Loperhet, dans le pays de Brest. Ekoumène en est un autre, version urbaine cette fois-ci. S’il a ses particularités, l’esprit est le même. L’idée n’est plus seulement de faire pousser du béton, mais de porter toute une réflexion sur l’habitat, le vivre ensemble, le coût du logement…

Pour y parvenir, le collectif a dû plancher longuement sur ses statuts juridiques. « Il fallait trouver une formule qui permette au mieux de gérer nos priorités, explique Nicolas Filloque. Notamment le principe d’un habitant = une voix pour les prises de décisions collectives, la volonté de tendre vers l’autonomie énergétique et, surtout, « la volonté d’échapper à la spéculation immobilière ».

 

Le casse-tête des statuts juridiques

Le groupe a ainsi opté pour la création d’une SCI (société civile immobilière) couplée à une association qui détient 99 % du capital de la SCI. « Cette solution nous permet de n’être ni locataire, ni propriétaire, expliquent Nicolas et Natacha. On est occupant à titre gratuit de nos logements. On amène juste un apport initial qui nous donne le droit d’habiter l’immeuble ».

De cette manière, Ekoumène échappe non seulement à la spéculation immobilière, mais peut aussi continuer à vivre après le départ d’un membre fondateur. « Il récupère alors son apport et pourra être remplacé par un nouvel habitant qui devra apporter la même somme initiale ».

 

Des espaces de vie commune

L’originalité ne se réduit pas aux statuts juridiques. Ekoumène, c’est aussi une manière d’habiter. Si les cinq foyers que constitue ce groupe d’amis auront chacun leur appartement, les parties communes auront toute leur importance dans l’immeuble. « À commencer par les paliers à chaque étage, raconte Natacha. Ils seront volontairement larges et ont été pensés comme de vrais espaces de vie ». Il y aura aussi deux buanderies et un local collectif de 40 m² au bout du jardin. « Il sera ouvert vers le monde extérieur et sera notamment mis à disposition d’associations », poursuit Natacha.

À Ekoumène, on défendra aussi un mode de vie écologique. « Rien que le fait d’habiter en ville, avec le tram à deux pas, est pour nous écologique », raconte Natacha. Ce souci transparaît aussi dans la construction, à l’aide de matériaux respectueux de l’environnement. « On a tout fait également pour que l’immeuble soit le plus économe possible, explique Nicolas Filloque. Il est orienté sud, très bien isolé, on a prévu du triple vitrage… » L’immeuble pourrait même se passer de chauffage.

 

(Photo Nicolas Filloque)


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