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Marins en grève. Le port de Brest en première ligne

Marins en grève. Le port de Brest en première ligne
Les marins en grève du RSV-Endeavour sont rentrés chez eux. Laure Tallonneau et Jean-Paul Hellequin, qui ont épaulé les grévistes, respirent. Mais le répit sera de courte durée. Les navires-poubelles et les marins pas payés, ce n'est pas ce qui manque, au large de Brest.

1.700 dollars mensuels et non plus 1.000, pour dix heures de travail quotidien, sept jours sur sept. Voilà ce que demandaient les marins en grève du RSV-Endeavour, un navire chasseur d’épaves battant pavillon panaméen, arrivé à Brest fin mai. La semaine dernière, soit deux mois après le début du conflit, les sept grévistes sont rentrés au Honduras et au Guatemala, leurs pays d’origine. Licenciés…

 

Presque une victoire

Une défaite ? Non, une victoire, presque ! Ils repartent avec une somme qui correspond à un mois de préavis avant licenciement. Loin d’être gagné au début du conflit. «Dès le premier jour de grève, l’armateur suédois a voulu faire signer aux grévistes une lettre de démission pour éviter les frais de licenciement», racontent Laure Tallonneau, inspectrice de l’ITF (Fédération internationale des ouvriers du transport), et Jean-Paul Hellequin, président de Mor Glaz, association de défense des marins.

Bienvenu à bord du transport maritime international, drôle de monde, par où transitent 90% des échanges sur la planète, qui emploie 1.850.000marins aux quatre coins de la Terre et où les armateurs peu scrupuleux peuvent faire ce qu’ils veulent, à condition de choisir le bon pavillon. «Le Panama, le Libéria, Malte et Chypre sont les pires…, détaille Jean-Paul Hellequin. Les armateurs y font ce qu’ils veulent et à eux seuls, ils totalisent 62 % des échanges maritimes dans le monde».

 

Brest en première ligne

Brest est en première ligne de ce flou artistique maritime. Le port a eu vissé à ses quais le cargo Victor en 2000, le Captain-Tsarev en 2008, l’Ebba-Victor et le Matterhorn en 2009, les marins chinois de l’Asian-Tide, début janvier… À chaque fois les mêmes histoires de marins abandonnés, interdits de grèves, naviguant sur des bateaux-poubelles. «Ils viennent des pays lesplus pauvres de la planète, poursuit Jean-Paul Hellequin. Les Malgaches etles Européens de l’Est ont la cote ence moment. Ils bossent beaucoup et se plaignent rarement».

Mais parfois, la coupe est pleine et explose. Pour épauler les marins, Mor Glaz apeu à peu trouvé ses armes. «On a créé un fonds de solidarité, l’Agism, prenant en charge les frais de rapatriement des marins abandonnés, reprend Jean-Paul Hellequin. On a aussi appris àmédiatiser les affaires. Pour le Victor, on est allé jusqu’à revendre les 3.000tonnes de blé du navire pour payer le rapatriement des 15 marins àbord. L’arrivée de Laure Tallonneau, première inspectrice de l’ITF à être nommée à Brest, apporte aussi beaucoup depuis un an et demi».

 

Que faire des bateaux ?

Mais s’il arrive désormais que les marins gagnent, une fois partis ils laissent bien souvent les bateaux derrière eux. Le Captain-Tsarev, par exemple, toujours vissé au quai brestois. Un vrai casse-tête auquel Jean-Paul Hellequin ne voit qu’une solution: «Que le port de Brest se lance dans la déconstruction de navires. Ce serait un bon moyen de diversifier ses activités». D’autant que le marché est porteur. Des bateaux-poubelles, il y en a encore plein à naviguer au large de Brest.


Commentaires

  • http://www.facebook.com/jeanpaul7lhellequin Jean Paul Hellequin

    Oui nous gagnerons pour les Marins du monde, 4/5 viennent de pays pauvres il faut les défendre, il faut qu’ils se défendent ………….
    JPH……………….

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