Rincés, vannés, épuisés… Il n’y a pas de mots assez forts pour exprimer l’état de fatigue de Chantal Jacq et Hervé Hall, à l’heure de tirer le rideau sur les Tonnerres de Brest. C’est que leur bistrot-resto-cave La Bouteille à la mer était au coeur même de la fête, quai de la Douane. «On a vécu six jours complètement fous, raconte Chantal. À servir 300 repas par jour, à passer neuf heures en cuisine». «À accueillir des fanfares aussi, à organiser des concerts», ajoute Hervé.
Un gros défi pour le couple qui vivait ses premiers Tonnerres à la tête d’un resto. Pas de quoi laisser un goût amer. Bien au contraire. Leur restaurant, ils l’ont ouvert pour vivre ce genre de moments.
Plus de 30 ans à l’usine
C’était le 19 avril 2010, à l’aube d’une nouvelle vie. Jusque-là, Chantal Jacq et Hervé Hall pointaient tous les jours à Jabil, entreprise brestoise spécialisée dans la sous-traitance électronique. «J’y ai travaillé 39 ans en tant qu’ouvrière, contre une trentaine pour Hervé, dans les bureaux, poursuit Chantal Jacq. On était aussi membres du comité d’entreprise».
Problème : l’entreprise licencie à tour de bras depuis 2001, poussant Chantal Jacq et Hervé Hall à chercher une porte de sortie. «Un bar à vins naturels, c’était ça, l’idée de départ, raconte le couple. On a eu un coup de foudre pour ces petits producteurs qui font du vin d’excellente qualité, sans rien ajouter de chimique lors de la vinification et, malgré tout, qui restent très difficiles à trouver sur Brest».
«Une cuisine familiale»
Mais quitte à ouvrir un bar à vins, autant faire un peu de restauration. Du coup, Chantal et Hervé font leur retour sur les bancs de l’école. Ceux du CLPS Brest, organisme de formation privé où les deux Brestois se frottent à la cuisine et au service pendant trois mois. «C’était indispensable, poursuit Chantal. On n’apprend pas à gérer 40couverts d’un claquement de doigts».
Pour le reste, le couple a fait comme à la maison. «La Bouteille à la mer, c’est une cuisine familiale, simple, à base uniquement de produits frais, raconte Chantal. Le midi, il y a trois plats sur l’ardoise : un de poisson, un de viande, une grande salade. Ça change tous les jours et on tente des choses en cuisine». Et le soir ? Des planches de fromages, de charcuteries, de produits de la mer… avec, comme le midi, une trentaine de vins à la carte.
Désormais patrons ?
En deux années, le restaurant a trouvé ses marques. Chantal et Hervé ont même désormais deux salariés. Les voilà donc patrons! Même si à La Bouteille à la mer, on n’aime pas beaucoup ce mot.
