Adolescent dans les années 90, Nicolas écoute du hip-hop et du metal. Il apprécie aussi Rage Against The Machine et Nirvana. Malgré son amour pour Prodigy, Nicolas est profondément anti-techno. En 1999, un ami compositeur arrive pourtant à le faire changer d’avis. Et voilà Nico, devenu Koxinhell, producteur de musique techno.
Une première étape est franchie. « Un jour, ce pote a voulu m’emmener en teuf, explique l’artiste. J’y suis allé à reculons. J’avais plein de préjugés. Pour moi, ce n’était qu’un milieu de camés ». Sur place, le jeune homme se rend vite compte que les clichés sur les raves parties sont pour la plupart mensongers. Il prend goût à la fête et, pendant quatre ans, compose et mixe de la hard techno.
Du dubstep depuis 2007
« Petit à petit, le boom boom m’a lassé. Je suis parti vers d’autres styles, un peu plus mélodiques : le ragga jungle et le breakbeat. Plus les années passent, plus je vieillis et plus je me calme. Aujourd’hui, je joue essentiellement du dubstep ». En France, Koxinhell est l’un des DJ précurseurs de ce style basé sur l’énergie physique des infrabasses. « J’ai commencé à mixer du dubstep à Montpellier, en 2007. J’étais dans une asso, Urbanbass, avec Habstrakt, l’un des maîtres du dubstep français ».
Aujourd’hui, le style s’est démocratisé, au point d’être considéré comme une véritable mode. « Plus ça va, plus le dubstep devient commercial et mièvre, s’attriste Koxinhell. Toutefois, les morceaux influencés par le reggae ou le metal me plaisent beaucoup ».
Des mix de bass music
Samedi, Nico jouera sur la scène de la salle des conférences de Brest, lors de la soirée organisée par l’AssoCial. L’homme ne se contentera pas seulement de dubstep. Il se permettra des incursions dans toutes les composantes de la bass music : roots anglais, breakbeat, dirty electro, drum’n'bass, jungle… « Je mixe uniquement sur vinyle, précise-t-il. Je kiffe le grain de son, le toucher, la culture du microsillon. J’ai une très large collection, dans plein de styles. J’achète des disques constamment ! ».
Parmi les projets de Nico, la reprise de la composition, d’abord. « J’ai arrêté voilà six ou sept ans, mais ça me manque et je compte bien me racheter du matériel ». La création d’une association, ensuite. « Je suis en train de monter Urbanbreizh avec G3B3 et Nahn, DaCat. Nous organiserons à Brest des soirées dédiées à la bass music dès l’automne prochain ». Vivement la rentrée !
Rémi Tanguy
> Koxinhell, Iphaze et Mysty K Dub samedi à 20 h 30, à la salle des conférences de Brest. 5 €.
