Vous les croiserez sans doute dans lesbus, les rames ou le long de la ligne de tram, samedi après-midi. Et, à coup sûr, vous vous retournerez sur eux. Car à débouler en rang serré, dans leurs blouses blanches de sécurité, il en impose, le groupe des testeurs ! «En même temps, on est les garants de la sécurité et de la qualité de vie dans le tramway, rappelle Lucie à ses troupes. Alors, oui, on est les plus forts ».
Embarqués depuis le 23 mai
Mais gare aux apparences ! À entrer dans le détail, on se rend vite compte que des choses clochent. Comme cet empressement à tout tester, des arbres à la taille des passants, cette habitude de répéter en écho les résultats des essais, ou encore ce masque de sécurité qu’ils gardent la plupart du temps vissé sur leur front. Pas sérieux tout ça !
Qu’on vous rassure donc. Annabelle, Christine, Stéphane, Noémie, Bénédicte, Ingrid, Lisa, Claire et Lucie n’ont aucun diplôme en sécurité et ne se connaissaient même pas il y a 15 jours. Leurs seuls points communs ? Être de la région brestoise et ne pas avoir envie de fêter l’inauguration du tramway comme un spectateur lambda. Alors ces neuf Brestois ont décidé d’embarquer, dès le 23 juin, avec Le Fourneau, la compagnie Impro.Infini, et 120 autres apprentis comédiens brestois.
Douze groupes de bénévoles ont ainsi été constitués, à chaque fois chapeautés par un comédien d’Impro.Infini (Lucie pour le groupe des testeurs). « Ils déambuleront le long du nouveau réseau de transport, de 14 h 14 à 18 h 18, pour étonner les gens, leur faire prendre conscience qu’ils vivent un moment particulier », explique Martine Rateau, metteur en scène qui coordonne les douze groupes.
« Curieux de tout »
La bande des neuf avait le choix entre les vénérateurs, les vocalistes, les fantômes, les farceurs, les enjoliveurs, lesanges, les J’donne mon avis, les ombrelles, les mariés, les petits poucets et les touristes avant de rejoindre Lucie et le groupe des testeurs… comme uneévidence.
Non pas qu’ils soient du genre sceptique, «on est surtout curieux de tout», précise Claire. «On irait même bien jusqu’à conduire la rame », martèle Annabelle, qui en sera à sa quatrième inauguration de tram après Strasbourg, Mulhouse et Nantes.
Et puis, avouez qu’ils ont le job de rêve : « C’est une évidence, tout le monde va venir pour tester le tram : voir s’il va vite, pas vite, quelle couleur ont les sièges, s’il fait du bruit…, raconte Lucie. L’interaction devrait être facile avec le public et même si les gens n’osent pas participer aux tests, ils seront attentifs à nos verdicts ».
Une occasion en or à saisir
Pour assurer le coup, les testeurs ont bossé leur partition lors de trois séances de répétition. Histoire de définir la façon de se déplacer dans la rue, de concocter un test physique à faire faire aux Brestois avant de monter dans le tram. Histoire, aussi, de se fixer des limites. « On n’embêtera pas le chauffeur, on évitera de tester les dispositifs de sécurité et on sera des testeurs ultra-positifs », sourit Lucie.
Pour le reste, les testeurs marcheront à l’improvisation et à grands coups de motivation. A priori pas de soucis : «Ça va être génial, assure déjà Lisa. On va pouvoir tenter des choses qu’on n’aura jamais l’occasion de refaire. Je ne suis pas sûre que l’opportunité existe ailleurs ». Pour l’inauguration des tramways de Mulhouse, Strasbourg et Nantes, Annabelle confirme en tout cas.
