J’ai débuté mon SVE en octobre 2011, à Vilnius en Lituanie. Pourquoi ce pays que peu de personnes connaissent ? Je dois dire que je n’ai pas choisi le pays mais le projet. Celui-ci consiste à travailler avec des personnes en situation de handicap. Un milieu qui ne m’était pas inconnu, car j’avais déjà eu auparavant des expériences avec ce public. Mais j’avais envie d’observer, de mieux comprendre et d’approfondir la problématique des adultes en situation de handicap pendant ces dix mois !
Je ne connaissais la Lituanie que par l’histoire si médiatisée de Bertrand Cantat et de Marie Trintignant, sous un côté plutôt sombre. Maintenant que j’y vis depuis 7 mois, il paraît à mes yeux… comme je l’avais imaginé. C’est un pays assez austère, ce qui est très probablement dû à sa lourde histoire. Cette histoire difficile, on peut même l’apercevoir sur le visage des Lituaniens. C’est en général une population qui ne sourit que très rarement. Mais une fois passé ce premier aspect, ils peuvent être très généreux et chaleureux.
Un de mes orteils a été paralysé toute la soirée
Une autre spécialité de la Lituanie, c’est son climat. Très différent de mon climat breton, l’hiver n’a pas toujours été très facile. La température peut aller jusqu’à moins 30 degrés. Cette année, les mois de janvier et février ont été très froids, mais avec cette particularité d’être ensoleillés. D’un côté c’est dur à vivre, car quand on sort, c’est « une lutte permanente contre le froid », mais c’est aussi magique de voir ces grandes étendues de neige sous un soleil éclatant. Je suis heureuse de l’avoir vécu. Mais il vaut mieux être bien couvert, surtout aux extrémités (pieds et mains). J’ai fait la mauvaise expérience de marcher pendant une heure le soir, sous moins 25 degrés, avec des chaussures pas suffisamment chaudes. Résultat : un de mes orteils a été paralysé toute la soirée… Be careful, on ne joue pas avec le froid lituanien !
Mon choix de faire un service volontaire européen ?
D’une part, ayant terminé mes études en juin dernier en master 2 « management des organisations sanitaires et sociales » à Lorient, j’avais envie d’avoir une expérience différente que celle que j’aurai pu chercher en France. En effet, l’envie de voir ce que l’on faisait ailleurs et comment… Les différentes manières de travailler et de penser au niveau professionnel. Mais aussi l’envie d’avoir un nouveau souffle sur le plan personnel. Apprendre une autre langue, approfondir mon anglais, appréhender d’autres modes de vie, de façon de penser, vivre sur un long terme dans un autre pays, et non pas juste en tant que « touriste ».
Je me suis rendu compte à quel point mes racines étaient importantes
Mais il était aussi important, pour moi, de me confronter à mes « challenges ». Voir ma réaction face au manque de mes proches, réussir à communiquer et à créer des liens avec des personnes en situation de handicap sans connaître leur langue et plus globalement m’intégrer dans un pays pendant 10 mois. Dans ce genre d’expérience, on se retrouve confronté face à soi-même. C’est très intéressant pour mieux se connaître.
D’autre part, je ne me sentais pas prête à affronter le monde du travail en France, ce qui signifiait pour moi le monde du stress, de la routine. Des représentations ni très enthousiastes, ni très attirantes. Mais aujourd’hui, je me sens prête à relever ce défi et je suis même motivée. En effet, loin de mon pays, de mes proches, je me suis rendu compte à quel point mes racines étaient importantes. Moi qui me croyais très indépendante, que je pouvais vivre loin, et bien non. Le poids de mes racines est plus fort que je ne le pensais. Le SVE sert aussi à se remettre en question.
On fait parti d’un ensemble cohérent
Concernant ma vision de l’Europe, je me suis rendue compte qu’ici, en Lituanie, je faisais partie d’un ensemble. D’un côté, c’est agréable car nous possédons plus ou moins « les mêmes repères » que chez nous en France. D’un autre côté, c’est un peu flippant car on sent bien l’uniformisation et la globalisation européenne. J’espère vraiment que ce pays ne va pas perdre sa particularité. Par contre, quand j’entends certains politiciens qui souhaitent « retirer la France de l’Europe », je deviens folle. Ce serait pour moi une grave erreur. Je le vois bien aujourd’hui : on fait parti d’un ensemble cohérent avec l’Union européenne.
PHOTO
Ci-joint une photo de moi (en vert), avec mon groupe de personnes handicapées, pendant une mini pièce de théâtre que nous avons improvisée avant Noël. Nous avions bien rigolé. De plus, tu peux voir la croix en haut de la photo, qui représente bien leur rapport à la religion. Au centre social, ils sont très croyants !
