Actu
Service volontaire européen. Caroline Le Hénaff témoigne

Caro
Caroline Le Hénaff, 27 ans, fait son SVE à Cracovie, en Pologne.

L’idée de faire un SVE me trottait dans la tête depuis pas mal d’années déjà. J’aime beaucoup voyager (je suis déjà allée en Espagne, en Angleterre, en Italie, en Finlande et aux Etats-Unis) et la Pologne est un pays qui m’attire depuis que j’ai 14/15 ans environ, sans raison spécifique d’ailleurs.

 

Je n’ai pas de racines polonaises, juste un feeling avec ce pays, je n’arrive pas vraiment à expliquer pourquoi. Je disais toujours qu’un jour je vivrai là-bas, et que j’apprendrai la langue. Je ne voulais pas m’y rendre en tant que touriste, je voulais apporter quelque chose, travailler, m’investir à fond et vivre pleinement mon rêve de Pologne.

 

J’ai trouvé très rapidement un organisme d’accueil
J’ai donc fait toutes les démarches nécessaires auprès du BIJ de Brest. Contrairement à d’autres volontaires, j’ai trouvé très rapidement un organisme d’accueil à Cracovie. Tout s’est mis en place, et j’ai commencé mon projet le 1er novembre 2011 (le projet dure 9 mois).

 

Je travaille dans un centre qui accueille des adultes handicapés mentaux (autistes, trisomiques, légers retards mentaux). Il y a différents ateliers (workshops) : informatique, bricolage, jardin, couture, loisirs créatifs, etc. qui sont dirigés par des thérapeutes (ils ne le sont pas tous en réalité). Mon travaille consiste à aider les thérapeutes et les handicapés dans leurs activités.

 

Je suis très polyvalente (mais je fais pas le café !). J’ai eu en parallèle des cours de polonais, et je continue à apprendre seule tous les jours. J’apprends très vite et je n’ai pas vraiment de soucis de prononciation, du coup les thérapeutes me confient plus de responsabilités et j’interagis beaucoup plus facilement avec les participants.

 

Je fais « partie des meubles »
J’ai noué des liens très forts avec certains d’entre eux, et comme je ne suis ni salariée, ni polonaise, mon statut un peu particulier les amuse beaucoup, les intrigue, les intéresse, les impressionne parfois, et chaque moment passé avec eux est un pur plaisir. Je peux me permettre d’avoir une relation un peu plus « amicale » plus décontractée que ne pourraient le faire les thérapeutes.

 

J’ai commencé à donner des « cours » d’anglais, et au mois de juin je donnerai aussi des cours de français. Je fais « partie des meubles » maintenant, tout le monde me salue dans les couloirs, je suis très à l’aise dans les locaux, j’ai mes repères, mes habitudes. Parfois on fait des sorties (voyages à la montagne, parcs, zoos, etc.), chaque thérapeute est responsable de 4/5 personnes, alors moi aussi, je prends soin de mon petit groupe, comme un référente, s’ils ont un soucis, etc.

 

Je sais déjà que ce sera très dur pour moi de devoir quitter cet endroit, un moment très douloureux, et comme ça me pique les yeux quand j’y pense trop, j’évite d’y penser, mais il faut un peu quand même, histoire de pas être prise au dépourvu quand la fin du mois de juillet pointera le bout de son nez.

 

Je m’amuse à ne plus savoir quelle langue parler
Le SVE c’est pas seulement notre projet, on fait des rencontres, des voyages, on découvre le pays, les coutumes, la langues, les traditions… Je suis tous les jours stimulée par de nouvelles choses, je m’amuse beaucoup à parfois ne plus savoir quelle langue parler, à oublier le français, la France.

 

Je rencontre beaucoup de volontaires espagnols, italiens, portugais, allemands, turques, et même arméniens, népalais, géorgiens, roumains, ukrainiens, russes et j’en passe. On échange beaucoup sur nos différents pays d’origine, c’est très intéressant. Ca donne envie de voyager encore plus. On s’intéresse avec tolérance et passion à des pays  qu’on ne connaissait que de nom.

 

On se fait de nouveaux amis, de nouveaux repères affectifs, qu’on aime et qui nous aident à supporter d’être loin de ses amis en France, de la famille, qui nous aident à passer l’hiver polonais, ce qui n’a pas toujours été facile pour moi (-28°parfois, avec la nuit qui tombe à 15h30 !). Au bout de quelques mois, des gens que t’as rencontré te reconnaissent et te saluent dans la rue, et tu te dis ouah ! c’est tout con, mais ça te colle un smile pour la journée.

 

J’arrive à aiguiller des touristes allemandes perdue dans Cracovie
J’ai appris des phrases du genre « un chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur » en espagnol, en roumain, en anglais, allemand, portugais, polonais, russe, georgien, ukrainien… pour ma collection… et j’arrive à aiguiller des touristes allemandes perdue dans Cracovie à trouver leur chemin « vous-traversez-la-route-et-vous-prenez-le-tram-14,20,24 ou 8-jusqu’à-Uniwersitet-Pedagogiczny. » (trop la classe pas vrai ?!).

 

Bref, que du bonheur pour moi, intégration réussie, parce que je sais que c’est pas le cas pour tous les volontaires et que j’ai quand même des soucis avec mon coloc parce qu’il est feignant et sale… mais bon, il a peur de moi parce que je fais du krav-maga alors ça équilibre un peu !

 

Je n’arrive pas à définir précisément ma vision de l’Europe et si j’en ai une d’ailleurs. Je me sens plus comme faisant partie du monde, que ce soit en Europe où ailleurs je me sens partout chez moi.

 

Après mon SVE je repars travailler aux Etats-Unis pour 4 mois (à Boston, très belle ville que je conseille !), et je reviendrai me poser en France. 1 an, 2 ans …? Je ne sais pas, je ne peux pas voir aussi loin, une chose est sûre c’est que je reviendrai en Pologne.


Commentaires

En direct de Brest