C’est «LE» rayon de soleil du basket brestois. À des années-lumière de la dégringolade financière de l’Étendard de Brest, qui vient de voir sa section pro liquidée, Fabien Causeur est en pleine bourre. Le basketteur de la rive droite, passé par Plouzané et le PL Recouvrance avant de filer au centre de formation du Havre, tutoie même les sommets de la Pro A, le plus haut niveau français.
Ce soir encore, l’arrière du Cholet Basket sera sur les parquets pour la demi-finale retour des play-offs, face au Mans. Peut-être le dernier match de la saison. Mais l’essentiel est assuré. «On a notre ticket pour la coupe d’Europe, ce qui était loin d’être gagné au regard de notre saison, raconte Fabien Causeur. On s’est qualifiés in extremis pour les play-offs».
Le maître à jouer de Cholet
Pour en arriver là, le club vendéen doit beaucoup à son Brestois de 24 ans. Il suffit de regarder ses matchs à la télé pour s’en rendre compte: «Rhoooo Fabien Causeur… Quel niveau il a atteint!!!», s’exclamaient David Cozette et Jacques Monclar pour souligner une action d’éclat de l’arrière choletais face à Gravelines, lors de la belle des quarts de finale des play-offs.
Le duo de commentateurs de Sport+ n’est pas seul à le penser. Le 18 mai dernier, Fabien Causeur a reçu le titre de meilleur joueur (MVP) français de Pro A, des mains des médias, entraîneurs et capitaines d’équipe. Pas rien, donc, et sans surprise en prime ! Avec 16,43 points et 4,6 passes décisives de moyenne cette saison, Fabien Causeur a crevé l’écran pour son retour sur les parquets, après une longue blessure qui avait gâché sa saison l’an passé.
«J’ai pris de l’assurance dans mon jeu, j’ai passé un cap, c’est sûr. Après, je ne suis pas là à me considérer comme le meilleur joueur du championnat et, si ce titre de MVP fait plaisir, la plus belle des récompenses, c’est d’être champion de France !».
« On aime les défis »
L’objectif est encore possible. Surtout quand on connaît la capacité des Choletais à se surpasser et à balayer les pronostics. Gravelines s’en souvient encore. Pas plus tard que la semaine dernière, le leader incontesté de la saison régulière, trois défaites seulement, s’est fait sortir dès les quarts de finale des play-offs par le «petit» Cholet. Le tout au terme d’un troisième match épique qui se déroulait chez les Nordistes, jusque-là invaincus à domicile en championnat. «Dans l’intensité, dans l’envie, on était à 200%, commente Fabien Causeur. On savait qu’onpouvait faire un coup. On est une équipe très joueuse qui aime se donner des challenges».
Le Mans, en demi-finale, en voilà un autre de défi. «C’est sûrement l’équipe la plus complète du championnat. Il y a du monde à tous les postes, beaucoup de talents offensifs et le meilleur axe meneur de jeu-intérieur du championnat, avec la paire Rochestie-Batista».
Cholet n’était pourtant pas loin d’un nouvel exploit, samedi, pour la première rencontre des demi… avant de laisser filer la partie dans les trois dernières minutes. Rageant, mais pas fini pour autant. Fabien Causeur tient sarevanche ce soir, pour le match retour, à domicile cette fois. «Bien sûr qu’on y croit et qu’on fera tout pour aller au bout, quitte à avoir moins de vacances».
L’Espagne l’an prochain ?
Parce qu’après, tout se bouscule pour le Brestois. Direction d’abord l’équipe de France où l’arrière tentera de décrocher sa place dans le groupe pour les JO de Londres. « On est cinq en concurrence sur les postes de meneur et d’arrière et Vincent Collet (le sélectionneur, NDLR) ne devrait en prendre que trois».
Après, Fabien Causeur devrait prendre la tangente et tenter l’expérience d’un championnat étranger. LaNBA? «C’est un autre univers, un autre jeu, je ne pense pas avoir les qualités physiques pour l’instant». Peut-être plus l’Espagne alors? Bilbao, Malaga et Valence seraient sur le coup. Fabien Causeur reste pour l’instant discret sur le sujet.
(Photo Frédéric GRAIZEAU)
