Marketa, la Tchèque, qui donne la réplique à Tatiana, la Dominicaine, Daria, laRusse, et Julie, l’Ukrainienne, sous leregard attentif de Martina, metteur en scène bulgare… À bien réfléchir, il n’y a que l’Abaafe pour offrir un tel tableau en terre brestoise.
Onze comédiens onze nationalités
Derrière ce drôle d’acronyme se cache l’Association brestoise pour l’alphabétisation et l’apprentissage du français pour les étrangers. Cette année, près de 400 stagiaires y viennent se frotter àlalangue de Molière par tous lesmoyens possibles. Onze ont opté pour l’atelier théâtre de Martina Filipova, diplômée d’art dramatique au conservatoire de Brest. «Tous de nationalités différentes », précise cette dernière. Àceux déjà cités s’ajoutent John, l’Australien, Kesso, la Géorgienne, Neda, l’Iranienne, Naoual, l’Algérienne, et Kanako, la Japonaise…
Ce joyeux melting-pot sera sur la scène de l’Alizée vendredi soir, dans le cadre des Théâtrales 29, grande messe finistérienne du théâtre amateur.
Pas qu’un cours de français
L’occasion rêvée de montrer que l’atelier de l’Abaafe n’est pas seulement un cours de français. «Même si ça nous aide beaucoup, tempère Marketa. Pour enrichir notre vocabulaire, travailler la grammaire…». «Pour l’expression orale aussi, ajoute John. La première année, j’avais même appris par cœur des répliques que je replaçais ensuite dans les conversations de tous les jours ».
Mais ici, «on vient d’abord pour s’amuser », raconte Julie. Travailler son jeu, sagestuelle, sa position sur scène… « Comme dans tous les cours de théâtre », reprend Martina.
Qu’importent donc les nationalités. Le metteur en scène prend de toute façon unmalin plaisir à les bousculer, quitte àce que Neda, l’Iranienne, campe Dieu sur scène. « Je les fais travailler sur des textes humoristiques d’auteurs contemporains, plus sur le thème de la religion cette année ».
Plus exigeants envers eux-mêmes
Au final, la mayonnaise prend. Iln’y apas de raison : « Parce qu’ils sont justement étrangers, ils ont tendance à être plus exigeants envers eux-mêmes, remarque Martina Filipova. Ils vont travailler beaucoup plus l’articulation, la prononciation, alors que sur ces points, les attentes sont les mêmes que pour les comédiens français ». Persiste tout de même l’accent, mais à l’atelier de l’Abaafe, c’est ce qui rend le jeu si charmant !
> Ce vendredi à 20 h, à l’Alizé (90, rue Commandant-Challe) à Guipavas, l’Abaafe suivi du Théâtre de l’Aurore.
Plein tarif : 6 euros. Le programme complet ici
> L’une des dernières répétitions en images de la troupe de Martina Filipova :







