Dans la Maison des associations délabrée, le soir venu, ils sont quelques dizaines à s’activer sur des instruments inhabituels hors de Bretagne. Binious, bombardes, percussions étranges… Plus étonnant encore vu d’ailleurs : leur moyenne d’âge approche de la vingtaine. Mais quel est le secret du bagad de Breizh Sant Mark pour attirer autant de sang neuf ?
Une musique puissante
À 17 ans, si Marie-Aimée s’exerce au tambour après le lycée, c’est d’abord parce que cette musique lui «file des frissons». «Toute petite, quand j’ai vu les baguettes des bagadoù percuter le tambour à toute vitesse, j’ai su que c’était ce que je voulais faire ! », se passionne-t-elle. En plus d’être puissant, ce genre traditionnel est en constante évolution, avec de nouveaux instruments ou de nouveaux airs. « On a récemment joué une marche du Bénin », rapporte par exemple Anna, 22ans. Mais la défense de la culture bretonne n’est pas forcément la motivation première de ces jeunes musiciens.
Tarif attractif
Quentin, 20 ans, passé par Diwan, convient volontiers que les bagads ont beaucoup d’autres avantages. Dont un prix attractif. « Ici, pour 120 € par an, chaque semaine on apprend un instrument pendant une heure et on joue engroupe une heure de plus. Dans n’importe quelle école de musique, on paie facilement dix fois plus cher, selon l’instrument qu’on choisit ». Des frais auxquels il faut d’ailleurs souvent rajouter l’achat de l’instrument… Alors que le bagad prête son matériel en échange d’une caution. Un apprentissage peu onéreux quipermet ensuite de s’éclater dans d’autres groupes, de rock ou de jazz. Mais la clé du succès de ces formations réside peut-être dans leur ambiance. « Au conservatoire, ce sera très scolaire, tu vas être seul avec ton professeur, tu vas stresser avant tes évaluations, déplore Marie-Aimée. Mais ici, on ne vient pas pour la compétition. Très vite, on apprend à jouer ensemble ».
Un groupe de potes avant tout
Un souci du groupe qui résume bien l’esprit du bagad de Breizh Sant Mark: presque tous ses membres sont amis. Parfois depuis tout petit. «Quand beaucoup de ces écoles sesont lancées, dans les années 40-50, l’esprit était parfois proche de celui des scouts, explique Goulven, 37ans. Aujourd’hui, ça n’a plus grand-chose à voir, mais c’est resté une formation assez jeune».
