17mai 1990: l’Organisation mondiale de la santé (OMS) retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Vingt-deux ans plus tard, les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transexuelles (LGBT) de France n’ont jamais été aussi proches de gagner un autre de leur combat majeur: le droit au mariage et à l’adoption.
Leur espoir tient pour l’instant dans une promesse: «Celle de François Hollande qui, dans ses 60 engagements, en consacre un, le 31e, à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels», précise Emmanuelle Ligné, présidente de l’association LGBT Rainbow Brest (en photo avec Christine Nicolas, la trésorière).
Une prise de position confortée un peu plus encore par Barack Obama, la semaine dernière, qui a déclaré, à titre personnel, «être favorable au mariage gay».
« La France en retard »
Pour autant, il n’y a pas de quoi parler de tournant à écouter Yohann, président de Divers genres, autre association LGBT de Brest. «La France est juste en retard sur la question. L’Espagne, le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas ont déjà pris le virage en reconnaissant les mariages homosexuels… (avec la Suède, ça fait cinq pays de l’UE, NDLR)».
Il n’y a pas de quoi non plus crier tout de suite victoire. «Au contraire, c’est le moment de montrer qu’on reste mobilisés et vigilants à ce que la loi passe», lance Christine Nicolas. Cette semaine, le collectif LGBT de Brest aura justement une belle occasion de se faire entendre, en marge de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai.
« Avoir les mêmes droits que les autres»
Un grand rassemblement est prévu ce mercredi, de 14 h à 19 h, place de la Liberté. Avec un seul leitmotiv: «Avoir les mêmes droits que les autres», lancent tant Emmanuelle Ligné que Yohann. Et si le mariage et l’adoption sont en ce moment sur le devant de la scène, le combat se décline à de nombreuses thématiques.
«Place de la Liberté, un parcours de vie retracera d’ailleurs toutes les situations dans lesquelles on peut être confronté à de l’homophobie, poursuit Yohann. Au travail, dans les administrations, auprès de ses amis lorsqu’on veut faire son coming-out, à l’école…». Emmanuelle Ligné évoque aussi «l’obligation pour les personnes transexuelles de devoir passer devant un psychiatre pour changer de sexe».
Bref, le collectif LGBT de Brest a encore des combats à mener. Mais avec quatre associations aujourd’hui, dont deux créées l’an dernier, le voilà beaucoup mieux armé pour se faire entendre.
> Rassemblement ce mercredi de 14 h à 19 h, place de la Liberté. Jeudi, diffusion de «La Révolution du désir» et «Ma Saison super 8» au local L’Cause, 4, rue Ernest-Renan.
