« La légende dit qu’à Brest, on peut boire chaque jour de l’année dans un bar différent… Sans jamais retourner dans le même ».
Anthony Raymond sait de quoi il parle. Depuis trois ans, il sillonne les bistrots brestois avec quatre autres collègues photographes du collectif Informel. Sous l’impulsion de l’artiste Jean-Marie Grall (en portrait sur le smartphone), ils se sont donné une mission : en faire l’inventaire photographique le plus complet possible. Un projet qui s’intègre dans celui de brest365.net, destiné à témoigner du quotidien de la ville.
Du rade minable au bistrot chic
Leur site, tout en sobriété, liste un nombre impressionnant d’établissements, tous sous licence IV. Et lorsqu’on clique sur leurs noms, on tombe simplement sur quelques images. Pas de titre, pas de description. Juste des tranches de vie. Le concept peut être très utile pour se renseigner à l’avance sur l’ambiance d’un bar, mais ce n’est pas le but premier du collectif. « On voulait surtout témoigner d’un quotidien brestois, parler d’un patrimoine important de la ville », explique Anthony.
Des bars qui ont une âme
Au départ, la petite troupe évitait plutôt les bars branchés pour se concentrer sur les oubliés, les délaissés qui avaient gardé leur âme. « Certains n’existeront plus bientôt, regrette le photographe Michel Poulain. C’est important d’en garder une trace, même si ce n’est que leur façade ». Tous se souviennent avec un peu de mélancolie de leur soirée à la Coccinelle, vieux bistrot de Recouvrance au charme désuet, aujourd’hui fermé.
Après plusieurs tournées des « Grands ducs » (d’après la fameuse expression d’Audiard), ils ont des tas de souvenirs à raconter. « Au Scorpion 2, le patron est excentrique, révèle Maud Carrière. Le jour, il est Jean-Louis. Mais la nuit, il se change en Dalida et chante avec ferveur toutes ses chansons. Le soir où on est passé, il y avait le gérant d’un sex-shop ; il a passé la soirée à draguer un de nos membres masculins ».
Malgré ces centaines de rencontres, il leur reste beaucoup d’établissements à découvrir. Vous pouvez d’ailleurs les aiguiller, si vous connaissez un bistrot avec une vraie personnalité…
Site : www.collectifinformel.net
