Musiques
Rétro. Johnny Frenchman dépoussière le glam-rock

Johnny Frenchman
Réhabiliter le très désuet mouvement glam-rock, une mission peu banale que les Brestois de Johnny Frenchman & the Roastbeefs prennent très à cœur.

Si on vous dit glam-rock, vous répondez ? David Bowie époque Ziggy Stardust, bien sûr. Pourtant, Johnny Frenchman & the Roastbeefs, groupe brestois de reprises glam, prend un malin plaisir à éviter les standards pour mieux exhumer d’obscures chansons que personne ne connaît (ou presque).

 

Exit aussi le maquillage outrancier et le look androgyne caractéristiques du genre. « Avec des platform boots, on aurait eu l’air complètement cons ! », sourit Olivier, le guitariste. Que reste-t-il, donc ? Du rock’n’roll bien carré, à l’ancienne, qui met en avant les voix. «Notre originalité, c’est le travail des chœurs et les harmonies vocales ». Le tout en costard, pour la touche « cartoonesque ».

 

Si le mouvement glam-rock n’est pas tellement connu en France, c’est qu’il n’a pas fait long feu : popularisé au début des années 70 avec le groupe britannique T-Rex, il a rapidement été enterré par le hard et le punk-rock. « Il n’y a pas de groupe revival glam, note Olivier. C’est resté méchamment ringard ! ». Il cite tout de même les Italiens de Giuda, en sortant de son sac une pochette forcément kitschissime.

 

C’est un Anglais, un Français et un Argentin…
Johnny Frenchman & the Roastbeefs s’est formé en 2009 autour d’Olivier, prof d’histoire, et de David, un Anglais de Cornouailles installé à Brest. « David vient du rock celtique, un peu à la Pogues, explique le guitariste. Il m’a branché pour qu’on joue au Vauban, lors d’une soirée Mazout. On s’est retrouvé sur les années soixante-dix et on a repris un Slade et un Sweet pour déconner… ».

 

Le duo est vite rejoint par Pablo, débarqué de Buenos Aires il y a quatre ans. L’Argentin enregistre la première maquette du groupe et en devient le batteur. Depuis, il s’est découvert une passion pour l’icône glam Suzi Quatro : « C’est mon idole. Si elle n’avait pas soixante balais, je l’épouserais ! ».

 

Sur scène, les glam-rockers font dans la simplicité. Pablo joue de la caisse claire, du tambourin et du cajón, une caisse de résonance d’origine sud-américaine. Olivier s’occupe de la gratte acoustique, mais « joue avec de la disto deux tiers du temps ». David, lui, se consacre au chant. « Il se met torse poil, c’est lui qui fait le show ! », plaisante le guitariste. La formation a récemment été rejointe par un quatrième larron : Jean-Sébastien à la basse.

 

L’été dernier, le groupe a participé au festival Le Bouillon, à Plougastel. « Se retrouver sur une grande scène comme ça, j’avais jamais fait, c’était incroyable ! », s’exclame Olivier. Pablo, enthousiaste lui aussi, se dit prêt à rempiler pour n’importe quel festival. En attendant, Johnny Frenchman & the Roastbeefs prend possession du Vauban vendredi et sort son deuxième EP dans toutes les bonnes crémeries.

 

Johnny Frenchman & the Roastbeefs en concert vendredi au Vauban, à 20 h 30 (10 €).

 


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