Début avril à Rennes, deux équipes brestoises ont été distinguées au challenge régional des Entrepreneuriales. Le principe ? Former des groupes d’étudiants à l’entrepreneuriat pour démystifier l’acte de créer son entreprise.
Cette année, le prix Dream team (500 €) a récompensé le projet brestois « Penn Arbor », une entreprise de prestation de services. Le Grand prix de 1000 € a été remis à Florian Mayot (Ensta Bretagne), Julie Pinvidic (IAE Brest) et Marion Rault (IAE Brest), pour « Aux bons co-pains », un projet de boulangerie à Recouvrance qui s’engagerait à embaucher une personne souffrant de handicap mental. Rencontre avec l’étudiante qui a lancé l’idée.
« Quelque chose de sympa à côté des cours »
Educatrice spécialisée, Marion Rault a repris des études à Brest cette année. Elle est entrée directement en master à l’IAE (Institut d’administration des entreprises de Bretagne occidentale). » C’était un peu difficile, donc j’ai voulu faire quelque chose de sympa à côté des cours », raconte-t-elle. Elle a donc décidé de suivre… un cours supplémentaire (!) à partir de novembre, dans le cadre des Entrepreneuriales. Chaque jeudi pendant cinq mois, des intervenants professionnels l’ont donc « coachée » pour l’aider à monter son projet.
Sensible à l’intégration des handicapés dans le monde du travail, elle a l’idée d’une boulangerie ouverte aux employés souffrant d’un handicap mental léger, sans demander de subventions. « A Paris, j’avais découvert un petit resto qui fonctionnait comme cela », se souvient-elle. Pourquoi une boulangerie alors ? Parce qu’il s’agit d’une entreprise « pérenne, durable et rentable », explique-t-elle, en ajoutant dans son dossier : « Pour les Français, acheter son pain est un acte culturel, comme en témoignent les queues le dimanche matin ».
Marion est rejointe par Julie Pinvidic, étudiante dans la même école, puis par Florian Mayot de l’Ensta Bretagne. « On nous a dit qu’à deux on n’y arriverait pas », raconte l’éducatrice spécialisée. De semaine en semaine, le projet prend donc forme : analyse de la concurrence, stratégies commerciales, étude de la règlementation, dossier financier, politique de communication… Le projet a beau être fictif, il n’en est pas moins très travaillé.
Comment intégrer un travailleur handicapé mental ?
Pour ce qui est de l’emploi de travailleurs handicapés, Marion a pensé se tourner vers les Esat (établissement et service d’aide par le travail). « J’ai rencontré une personne Esat à Brest, elle nettoyait des pontons. Cela peut marcher avec des taches assez simples à effectuer », précise-t-elle. « Aux bons co-pains » fonctionnerait avec un contrat de mise à disposition d’un travailleur handicapé suffisamment autonome.
Le projet a séduit. « On a vraiment joué le jeu, on s’est même déguisé en boulangers devant le jury », sourit Marion. Et maintenant ? « On a pu prouver que c’était faisable, et puis c’était un très bon entraînement ». Une mise en pratique réelle n’est pas encore à l’ordre du jour, mais cela pourrait bien donner des idées à d’autres…
