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Entreprendre sans argent et sans piston

La banque dit non ou demande des garanties Ils ont trouvé la solution
«Secteur trop concurrentiel», «Vous manquez de capital», «Un proche se porte garant?»... Se faire refouler aux portes d'une banque, ça arrive. Dur! Mais est-ce une raison d'abandonner son projet d'entreprise? À Brest, des alternatives existent, que ce soit pour obtenir de l'argent ou consolider son dossier avant d'affronter le banquier.

Le microcrédit. Rageant ! Un projet d’entreprise peut capoter pour quelques milliers d’euros manquants. Ahmed Sidiki a bataillé pour les trouver. «Je souhaitais 15.000 € pour démarrer sereinement mon activité», lance le gérant de Kamba, restaurant africain de la rue Jean-Jaurès lancé en septembre dernier. «Secteur trop concurrentiel», lui répondait la banque.

Coup de bol, son profil rentrait dans le créneau de l’Adie (Association pour le droit à l’alternative économique). «On prête et on accompagne les porteurs de projets qui n’ont pas accès aux banques », précise Tanguy Appéré. Mais pas n’importe comment. «On s’assure d’abord de la viabilité du projet et qu’on est bien le dernier recours pour la personne», reprend Tanguy Appéré. Et puis l’Adie ne fait que dans le microcrédit: pas plus de 11.000 € prêtés. «À terme, l’objectif est la réinsertion bancaire de la personne. Qu’il puisse, une fois l’entreprise bien lancée, intéresser de nouveau les banques».

Ahmed, lui, a obtenu 6.000 €. «De quoi me permettre d’ouvrir, mais je cherche encore 9.000 €».

> Contact : Adie, 1, rue Louis-Pidoux à Brest. Tél. 01 49 33 17 78

 

L’apport de fonds propres. Pas d’OPA hostile chez les Cigales ! Si ces clubs d’investisseurs locaux entrent bien au capital des entreprises qui toquent à leur porte, ce n’est pas avec l’idée de tout contrôler. «On définit à l’avance les modalités de sortie avec le porteur du projet, précise Sylvain Lallemand, du Cigale de L’Estran. L’idée est d’accroître son capital de départ, critère déterminant pour obtenir un prêt auprès d’une banque».

«C’est aussi un bon moyen de montrer qu’en dehors des soutiens classiques (élus, collectivités), d’autres personnes s’intéressent à nous», ajoute Laurent Troadec, gérant d’Agsel, société coopérative d’entretien des espaces naturels, «cigalée» depuis 2009.

Et que gagne la Cigale? «On vise un petit bénéfice bien sûr, explique Sylvain Lallemand. Surtout, on est sûr que notre épargne soutient des projets correspondant à nos valeurs: le respect de l’homme, de l’environnement, la création d’emplois…»

> Contact : Cigales de l’Estran, tél. 06 67 34 10 63

 

La garantie bancaire. «La banque me prêtait l’argent à condition que mon mari se porte garant», lance Aurélie Floch. Périlleux et gênant pour la jeune femme qui ouvrira le 15 février un salon de coiffure afro dans la rue Duperré.

La Chambre de métiers l’a orientée vers Bretagne Active, association qui cautionne les porteurs de projets dont le profil ne rassure pas tout de suite les banques. «On se porte garant jusqu’à 65% du montant du prêt, pendant cinq ans, pour les personnes en précarité professionnelle, indique Marie Le Gall, salariée de l’association. Et jusqu’à 70% pendant sept ans, pour les femmes».

Seuls les frais de dossiers sont à payer et «on bénéficie aussi d’un accompagnement dans la création, poursuit Aurélie Floch. Un bon moyen de savoir si le projet tient la route». D’ailleurs, Bretagne active ne prête qu’à cette condition.

> Contact : Bretagne active, 1, rue Louis-Pidoux. Tél. 02 98 47 54 40

 

Le prêt de matériel. Traiteur sur les marchés… Pour lancer son activité, Khalid Akchour ne pouvait pas y couper: il lui fallait un fourgon. «Mais je n’avais pas le capital pour et je ne voulais pas partir avec trop d’emprunts». La solution, il est allé la chercher à AB services création !

Ici, on ne prête pas d’argent mais du matériel. À commencer par tout ce qui roule utile: de la fourgonnette au fourgon. Khalid Akchour a profité pendant 18 mois, «d’un véhicule en bon état, pour seulement 75 € par mois d’assurance tout risque et 0,08 centimes d’euros le km». Jusqu’à réunir assez de fonds pour s’acheter son propre véhicule. «C’est le but de l’association, explique Jean-Yves Toullec, président d’AB services création. Que le porteur de projet puisse rapidement voler de ses propres ailes». L’association dispose d’une vingtaine de véhicules. De quoi aider 35 à 40créateurs d’entreprise par an.

> Contact : AB services création, 1, rue Louis-Pidoux. Tél. 02 98 02 41 60

 

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