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Football. Des pros à l’école du français

Football. Des pros àl'école du français
Santiago Gentilleti et Eden Ben Basat ne passent pas leur temps à courir après le ballon. Àraison d'une à trois heures par semaine, le défenseur argentin et le milieu offensif israélien s'essayent aux subtilités du Français. Pour mieux se faire comprendre sur le terrain, et pour la vie de tous les jours.

Eden Ben Basat? «Élève très motivé, agréable en classe. Doit encore poursuivre ses efforts et essayer de moins passer par l’anglais». Santiago Gentiletti? «Motivé également, comprend vite les règles. Doit maintenant faire plus de phrases».

Le trimestre s’achève aussi pour les deux joueurs du Stade Brestois. Au Ciel (Centre international d’études des langues) du Relecq-Kerhuon, où ils apprennent le français, les bulletins de notes viennent de tomber. Et il n’y a pas de quoi les priver de matches, à écouter Alexandra Faou, leur professeur, satisfaite dans l’ensemble.

 

Quelle différence entre le «vous» et le «tu» ?

À respectivement 25 et 26 ans, Eden Ben Basat et Santiago Gentilleti s’attaquent pourtant à une sacrée paire de manches : se mettre aux subtilités de la langue de Molière avec seulement quelques mois de vécu en France. Peut-être plus dur encore que courir après un ballon dans une enceinte de L1.

« Je ne comprends pas la différence que vous faites en France, entre le «vous» et le «tu», lance, en anglais, Eden Ben Basat. Il n’y a pas ça en hébreu. Vous n’écrivez pas non plus tous les sons que vous prononcez. C’est difficile de ne pas se tromper».

 

Jamais de devoirs, le pied !

Pour progresser, les deux footballeurs ont entre une et deux séances de cours par semaine, suivant leur emploi du temps. «Depuis septembre pour Santiago Gentiletti, et depuis novembre pour Eden Ben Basat», précise Alexandra Faou.

Le tout dans des conditions à faire pâlir d’envie n’importe quel écolier. Un professeur rien que pour soi, pas de devoirs, pas de cahiers d’exercice. «L’accent est mis sur l’oral, poursuit Alexandra Faou. Ce sont des élèves A1, le premier niveau débutant. En ce moment, on en est à se présenter, l’utilisation du verbe…».

Les cours doivent aussi permettre aux deux joueurs de comprendre leurs coéquipiers sur le terrain. Un travail spécifique est fait sur le vocabulaire du parfait footballeur. Adapté à chaque poste. Pour le défenseur Santiago Gentilleti, ça sera «dégage», «j’ai», «laisse» et toutes les autres consignes que pourrait lui donner Steve Elana, le portier brestois. Pour le milieu offensif Eden Ben Basat, «ça sera plus « décale », « ça vient », « plus vite », « continue », « allez allez »», glisse l’intéressé.

Anodin ? Loin de là, l’issue d’un match peut se jouer à ce genre de détail. «Contre Saint-Etienne (en décembre dernier, NDLR), Santiago Gentiletti m’a confié avoir hésité sur l’une des consignes de Steeve Elana, entre « j’ai » et « dégage », raconte Alexandra Faou. Il n’y a pas eu de but sur le coup, mais ça a occasionné un cafouillage».

 

D’abord pour la vie au quotidien

Qu’on se rassure, maîtriser le français n’est pas non plus le premier critère pris en compte par Alex Dupont pour composer son équipe. «Le football, c’est de toute façon un langage universel, on arrive toujours à se comprendre sur le terrain, estime Eden Ben Basat. Les cours de français, je les prends d’abord pour la vie de tous les jours».

C’est tout l’objectif d’ici juin prochain: «Qu’ils arrivent à suivre une conversation basique en français, commander au restaurant, comprendre la question d’un journaliste», lance Alexandra Faou. Et puis accessoirement, le maintien en Ligue 1!


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