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Hockey. Sergueï Toukmatchev, profession buteur

Hockey. Toukmatchev profession buteur
Marquer, marquer, marquer... Sergueï Toukmatchev a passé une bonne partie de sa vie à faire trembler les filets des buts de hockey. De Kirov en Russie, où il a fait ses premiers pas en pro, à Brest où il entraîne depuis 1994.

Sur la glace du Rinkla Stadium, Sergueï Toukmatchev n’a pas besoin de beaucoup pour se faire entendre. Un appel au rassemblement lâché de son accent slave digne d’un méchant de James Bond et voilà une ribambelle de jeunes hockeyeurs au garde à vous, prêts à écouter les consignes.

Sergueï Toukmatchev n’en use pas. Entraîneur des équipes jeunes des Albatros de Brest depuis 1994, il n’est pas sévère, «juste exigeant». Nuance ! «Sur la glace, je veux que tout le monde progresse. Et pour ça, il faut travailler, toujours être en mouvement».

 

Palet d’or en 1973

Cette maxime, il se l’est appliquée toute sa vie et plutôt avec succès. Car patins aux pieds et crosse à la main, Serguei Toukmatchev a été du genre doué. Un buteur né.

Ses premiers gardiens désabusés, il les a faits dans la région de Kirov, à 800 km au nord-est de Moscou. «Là où l’hiver dure huit mois et où tous les gamins jouent au hockey dans le quartier ». Lui pousse l’entraînement un peu plus loin et intègre l’Olympia, le club local monté par un dirigeant industriel. « Ce n’était pas donné à tout le monde, on était une petite vingtaine tout au plus», se souvient-il.

Le club progresse, Serguei Toukmatchev suit le mouvement. En 1973, il se qualifie pour les phases finales du Palet d’or, au Kazakhstan. C’est quoi le Palet d’or? «Le plus grand tournoi jeune de hockey en URSS à l’époque. On avait fini deuxième et moi meilleur buteur avec 28 buts en six matchs. Mon premier grand trophée».

 

Au Dynamo de Moscou les années fastes

Qui en appellera d’autres! Sergueï Toukmatchev fait ses premières apparitions en première division soviétique à 16 ans, décroche les championnats d’Europe junior avec l’URSS en 1976, puis les Mondiaux toujours chez les juniors, deux ans plus tard. «Au Canada, contre la Suède, glisse-t-il. Un autre grand moment».

Et puisque tout baigne alors dans sa carrière, il termine quatre fois vice-champion soviétique avec le Dynamo de Moscou, de 1976 à 1979. «La dernière année, j’avais joué plus de la moitié des matchs», précise-t-il. Il avait tout juste 20 ans. Un changement d’entraîneur le relaie sur le banc. «J’étais tellement déçu que je suis parti assez rapidement».

 

Un appartement à Minsk

Direction Minsk dans l’actuel Biélorussie, où on lui propose un appartement. «Dans l’URSS de ces années-là, c’était loin d’être un petit bonus. Il y avait des familles avec enfants qui attendaient des dizaines d’années avant de devenir propriétaire. Moi, j’avais 21 ans». À regarder dans le rétroviseur, Sergueï Toukmatchev parle de Minsk comme d’une erreur. «J’aurais pu viser un club plus huppé si j’avais attendu un peu».

Au final, le Russe n’a pas à rougir de sa carrière. À Minsk, il jouera dix ans, dont deux saisons en élite, et plantera 212 buts. Et lorsque le rideau de fer tombe, Sergueï Toukmatchev accroche les sirènes européennes et atterrit à Reims, en Ligue Magnus, où il continuera à scorer et à faire ses débuts d’entraîneur. «Surtout des équipes jeunes». Les seniors? Sergeï Toukmatchev a essayé, notamment avec les Albatros pendant trois saisons. «Trop de tension, je ne suis pas un homme de conflit». On vous l’a dit: pas sévère, juste exigeant!


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